LE SÉMIOLOGUE

UN MÉTIER PAS COMME LES AUTRES

Adepte du "message sous le message", comme dirait Roland Barthes, le sémiologue est avant toute chose un détective de la langue. Le sémiologue voit du sens là où les autres voient des choses (pour reprendre la citation), il décrypte et analyse avec attention les signes qui l'entourent pour en interpréter le Sens. Le sémiologue rend compte des effets de sens, des connotés et des implicites présents dans la communication. Il part des signes de surface visibles par tous pour en faire émerger les significations latentes. Son intérêt se porte le plus souvent sur les phénomènes "à la marge", de prime abord peu significatifs, qui se situent en coulisses, plutôt que sur scène. Bref, tous ces éléments pas forcément visibles du premier coup d'oeil.

Qu'est-ce qui s'applique à l'analyse sémiologique ? Tout ! Les images, les logos, les sites Internet, les gestes, les comportements, les mots, les discours, les symboles, les espaces, en somme tout ce qui permet à l'Humanité de communiquer. En revanche, la méthode sémiologique ne s'invente pas : elle correspond à une méthodologie spécifique. Comme un iceberg, il s'agit d'aller des signes superficiels et visibles aux signes et significations latentes. 

Ce que n'est pas l'analyse sémiologique : 

  • une simple description de ce que l'on voit : si cette étape est primordiale, elle n'est que la première marche de l'analyse sémio ;

  • une collection de signes, de mots ou de thèmes : l'analyse sémio dépasse de loin le simple recueil de thèmes ou le nuages de mots-clefs ! Il s'agit de faire émerger les structures sous-jacentes à l'oeuvre, et non pas le "decorum" ;

  • un simple outil : le carré sémiotique. Très popularisé, et parfois mal utilisé, le carré sémiotique n'est qu'un des outils dans la caisse du sémiologue ;

  • une élucubration mentale : "enc**** les mouches", ou "enfiler des perles" (vous apprécierez la métaphore scatologique), voilà ce que ne fait pas le sémiologue. La méthode lui permet justement de ne pas tomber dans la sur-interprétation, gros piège de l'analyse sémio. 

 

Comment devient-on sémiologue ? Le sémiologue est un expert ou un spécialiste du langage. Il est donc nécessaire d'avoir fait des études de Linguistique et de Lettres pour se dire sémiologue. La plupart du temps, ce sont des études à l'Université. Est-ce parce que, intrinsèquement, le sémiologue dé-structure "l'idéologie petite bourgeoise" qu'on ne la retrouve pas approfondie dans les "grandes écoles" ? Vaste question...

Chaque sémiologue ou sémioticien est plutôt spécialisé De part son expérience, le sémiologue ou sémioticien est amené à se spécialiser dans certains univers. Certains sont plutôt axés sur le luxe, d’autres la grande consommation. De mon côté, je me suis surtout spécialisée sur les paroles “vides” (bullshit et langue de bois) et également les dynamiques comportementales et le corps. Si vous recherchez un analyste (linguiste, sémanticien, sémiologue, sémioticien) pour vous accompagner sur les mots ou bien un conférencier sur les thèmes de la négociation et de la communication non verbale, vous pouvez me contacter. 

Qui sont les sémiologues et sémioticiens connus ? J'aimerais vous donner des noms de femmes mais ce sont surtout des hommes qui ont fait l'histoire de la sémiologie et de la sémiotique. Citons Ferdinand de Saussure, père fondateur de la linguistique moderne et de la sémiologie au début du XXème siècle. A peu près moment, Outre Atlantique, Charles Sanders Peirce fonde la sémiotique, davantage philosophique dans son approche. Il faudra attendre Algirdas Julien Greimas pour une approche plus appliquée, voire méthodologique, de la sémiotique. Mais continuons en France, les deux figures de proue sont Roland Barthes et Umberto Eco. Le premier a osé décrypter une publicité comme une oeuvre d'art. Et tous les phénomènes du quotidien d'alors (le steak frites, le catch, la lessive, etc.) Le second a popularisé la sémiologie grâce à ses romans grands publics comme Au Nom de la rose ou Le Pendule de Foucault